Récits graphiques et cercles de lecture
L’objectif de cette leçon est d’explorer et de comprendre le récit d’Emmie vu à travers le prisme du traumatisme. En utilisant les compétences acquises lors de la leçon précédente, les élèves approfondiront un sujet difficile, en reconnaissant et en exprimant les différentes façons dont le traumatisme est à la fois communiqué et compris dans le texte. Au cours de leur exploration du texte, les élèves seront également attentif·ves à leur bien-être et à leur sécurité émotionnelle, ainsi qu’à ceux de leurs camarades, en s’appuyant sur les pratiques et les protocoles établis précédemment.
Note : En fonction des besoins et de la structure de la classe, cette leçon peut être divisée en deux parties afin de consacrer plus de temps à la discussion et à la réflexion. Nous recommandons de ne pas négliger le temps de réflexion, car la celle-ci pourra servir de « sortie de secours » pour les élèves.
Objectifs d’apprentissage
Les élèves seront capables de/d’ :
- reconnaître et d’exprimer les différentes expressions et représentations du traumatisme dans le texte.
- synthétiser leur compréhension des traumatismes et des techniques de récits visuels pour créer une image claire de la façon dont ces traumatismes sont exprimés de manière unique dans les récits graphiques.
- appliquer des pratiques fondée sur une connaissance du traumatisme pour assurer leur propre sécurité et leur bien-être ainsi que ceux de leurs camarades.
- commencer à établir clairement une distinction entre la mémoire et la connaissance (se souvenir de quelque chose par opposition à savoir quelque chose) et la manière dont ces concepts sont associés au traumatisme.
- faire usage de réflexion pour approfondir leur compréhension tout en évitant les traumatismes secondaires.
Question directrice
- Quel est l’impact durable des traumatismes ?
Préparation
Les élèves devront lire à l’avance, « But I Live », le récit graphique d’Emmie, puis une courte frise chronologique de l’Holocauste pour situer les évènements dans leur contexte. Donnez- leur les questions de discussion à l’avance, afin de leur laisser le temps de se préparer.
Note : L’enseignant·e pourra trouver avantageux d’expliquer aux élèves que chaque mot du récit est tiré directement du témoignage d’Emmie, qui s’est déroulé en anglais. Ni la formulation ni les mots n’ont été modifiés, mais seulement l’ordre dans lequel les choses sont présentées et le choix a été fait d’omettre ou d’inclure certains éléments.
Introduction
Commencez avec l’indicateur d’humeur. Vous pourrez également procéder à court bilan avec la classe après la lecture du texte.
Activités de la leçon
Conversations
Répartissez les élèves en cinq groupes, un groupe par table. Donnez à chaque table l’une des cinq questions à débattre. Envoyez périodiquement les membres de chaque table vers une nouvelle, jusqu’à ce que tout le monde ait passé du temps à chaque table. Cela permettra aux élèves de se sentir plus à l’aise et plus en sécurité, car cela leur donnera le temps de se familiariser avec chaque question avant de s’attaquer à la suivante. Les élèves seront confrontés à chaque nouvelle question au sein d’un groupe plus expérimenté, et pourront ainsi offrir un nouveau point de vue.
Questions directrices
Ces questions ne sont que des suggestions – l’enseignant·e peut les adapter ou les remplacer comme il/elle le jugera bon, en fonction des besoins de leur classe.
- Quels signes de traumatisme Emmie présente-t-elle, s’il y en a, au cours du récit ? Comment ces signes peuvent-ils être liés à ce qu’elle a vécu à Ravensbrück ?
- Comment l’artiste représente-t-elle visuellement le traumatisme ? Pensez à la couleur, au cadrage, à la composition, à l’ordre des cases, aux images récurrentes.
- Emmie répète la phrase « je ne me souviens pas », généralement avant que le récit ne décrive l’un de ses souvenirs. Quelle est la signification de cette phrase ? D’après ce que vous avez appris sur le traumatisme, qu’est-ce que cela nous indique sur la relation entre celui-ci et la mémoire ?
- À un moment donné, Emmie dit « je sais des choses, mais je ne m’en souviens pas ». Quelle est la signification de cette phrase ? Quelle est la différence entre savoir quelque chose et se souvenir de quelque chose ? Quel est le rapport avec le traumatisme ?
- Qu’avez-vous retenu personnellement du témoignage d’Emmie ?
- En quoi la forme visuelle du récit vous a-t-elle permis de mieux comprendre son témoignage ?
Bilan
Avec la classe réunie, lancez une discussion sur ce que ressentent les élèves. C’est peut-être l’occasion pour vous d’en dire plus sur la vie d’Emmie aujourd’hui : Emmie est toujours en vie et, bien qu’elle ait subi de nombreuses et terribles tragédies, elle continue à vivre et à éprouver de nombreuses sources de joie. Laissez aux élèves le temps de réfléchir aux dernières pages : les images de celles-ci sont un rappel utile de la résilience humaine. Enfin, demandez aux élèves de réfléchir à la manière dont cet acte de témoignage narratif est un acte de résilience en soi.
Conclusion
Récapitulez en revenant sur l’indicateur d’humeur et en demandant aux élèves de réfléchir à toutes les émotions qu’ils/elles ont traversées tout au long de la leçon.
Les élèves rédigeront une dernière note dans l’indicateur d’humeur, puis prendront le temps de passer en revue tout ce qu’ils/elles y ont écrit précédemment, en réfléchissant à leur progression et à tout changement personnel survenu au cours de l’unité.
Pour aller plus loin
Les élèves rédigeront de courtes réflexions, d’environ un paragraphe, qui seront recueillies sous forme de billets de sortie. En utilisant ces informations et en s’appuyant sur leurs billets de sortie précédents, ils/elles écriront une longue réflexion finale sur l’ensemble de l’unité. Comme indiqué ci-dessus, en fonction des besoins et de la structure de la classe, ce travail pourra être un devoir à faire à la maison ou on pourra y consacrer une séance en classe. Pour une suggestion de structure, veuillez vous référer au document de réflexion finale.
Questions pour aider les élèves à rédiger des billets de sortie :
- D’après votre expérience dans le cours d’aujourd’hui, comment décririez-vous le terme « traumatisme » ?
- Comment votre compréhension du concept a-t-elle évolué au cours de la leçon ?
- Quelles sont les choses que nous pouvons faire individuellement, et en tant que classe, pour nous assurer qu’en étudiant le traumatisme d’une autre personne, nous ne soyons pas nous-mêmes traumatisé·es ?
Note : Il n’est pas nécessaire que les élèves répondent à toutes les questions, car cela fait partie d’une pratique fondée sur une connaissance du traumatisme de leur permettre de choisir leurs propres amorces.