L’art visuel
Dans cette unité, nous présentons aux élèves le concept d’art narratif, ses objectifs et sa capacité à transmettre des souvenirs et à approfondir l’apprentissage par ses divers supports et approches. Les élèvesapprendront les histoires des survivant·es de l’Holocauste par le biais de témoignages et du concept de l’art narratif (en particulier les récits graphiques). Cette unité vise à établir des liens transversaux avec les arts et les études sociales afin d’en apprendre davantage sur l’Holocauste et sur les tragédies des survivant·es, mais aussi sur leur résilience et leur contribution.
Objectifs d’apprentissage
Les élèves seront capables de/d’ :
- créer des œuvres artistiques qui expriment une voix, une histoire et des valeurs personnelles.
- tisser des liens avec d’autres personnes à l’échelle locale, nationale ou mondiale au moyen des arts visuels.
- exprimer des idées, des émotions et des valeurs en au moyen de la création artistique.
- réfléchir aux nombreux facteurs (évènements historiques, politiques, matériaux disponibles, expériences de vie, etc.) qui influencent la création et le style des œuvres artistiques.
- explorer différents processus créatifs.
- développer des processus pour transformer des idées et des expériences en images visuelles.
Questions directrices
- Comment l’art narratif nous permet-il de nous situer dans des perspectives différentes ?
- Pourquoi est-il de faire appel à des témoignages et à des récits lorsqu’on étudie l’Holocauste ?
- Comment l’apprentissage par l’art (notamment les récits graphiques) nous aide-t-il à mieux comprendre le sujet étudié ?
- Quel est l’impact de l’apprentissage de l’histoire à partir de l’art narratif ?
- Comment la résilience nous aide-t-elle à surmonter les expériences traumatisantes ?
Diriger la classe avec une approche fondée sur une connaissance du traumatisme
Lorsque l’on aborde des sujets qui traitent de bouleversements profonds comme l’Holocauste et d’autres génocides, il est essentiel de se préparer et de se doter d’outils pour enseigner avec une approche fondée sur une connaissance du traumatisme. Cela aide non seulement à établir un espace adapté à l’apprentissage, mais aussi à recentrer les élèves ce qui permet aux enseignant·es d’être proactif·ves en réagissant aux besoins émotionnels et somatiques de la classe.
Dans cette unité, la résilience constitue l’un des principes fondamentaux abordés. La résilience est un élément clé de l’enseignement fondé sur une approche fondée sur une connaissance du traumatisme (Levine & Kline, 2012), car elle permet de considérer les survivant·es non seulement comme des victimes, mais aussi comme des êtres humains à part entière. Étant donné que le contenu de ces leçons porte essentiellement sur les témoignages des survivant·es de l’Holocauste et sur la manière dont ils sont transmis au moyen d’un roman graphique, il est important de revenir sur l’extraordinaire résilience de ces survivant·es au cours de ce qu’ils ont vécu (ce qui sera également souligné dans les leçons). Si cela n’est pas compris, l’unité et l’enseignement ne seront pas complets.
Dans une approche de l’enseignement fondée sur une connaissance du traumatisme, il est important d’établir un espace dans lequel les élèves peuvent faire preuve de courage et se sentir en confiance. Au début de chaque leçon, demandez-leur de faire le point sur eux-mêmes. Il n’est pas nécessaire que ces autoréflexions émotionnelles soient structurées ou partagées avec l’ensemble de la classe, et personne ne doit être pris·e à partie ou mis·e sur la sellette. Les élèves se voient rappeler qu’ils/elles peuvent contrôler leur expérience d’apprentissage. Si l’un·e a besoin de faire une pause face à un contenu difficile, c’est tout à fait acceptable. Les enseignant·es doivent répéter qu’ils/elles sont là pour que les élèves puissent s’adresser à eux pour tout besoin d’aide, de conseils ou de soutien.
Créer un espace de courage et de confiance
(viennent des ressources NASPA – en anglais uniquement)
Parlez de ce qui définit un espace de confiance :
- un endroit où les élèves peuvent venir et se sentir en sécurité dans leurs parcours d’apprentissage
- où il n’y a pas de jugement
- où un soutien est offert.
Parlez de ce qui définit un espace de courage :
- un endroit où les élèves viennent pour dialoguer, comprendre, reconnaître les différences et se tenir mutuellement responsables
- où les élèves peuvent partager leurs expériences et parvenir à une nouvelle compréhension
Après avoir expliqué ce que sont ces deux types d’espaces, demandez aux élèves de parvenir un accord sur un espace de courage ou un espace de confiance.
Exemples de ce que l’accord sur un espace de confiance peut prévoir :
- ne pas interrompre quelqu’un·e qui parle
- respecter tout le monde et ce qu’ils ou elles ont à dire
- chercher à se comprendre les un·es les autres
- faire preuve de respect dans son langage corporel (ne pas dormir sur les pupitres, lever la main pour parler, ne pas utiliser de cellulaire)
Exemples de que l’accord sur l’espace de courage peut prévoir :
- écouter pour comprendre avant de répondre
- une seule personne parle à la fois
- pas d’avocat du diable parce que ce type de conversation n’est ni utile ni productif et peut nuire aux personnes dont les identités et les expériences vécues sont dévalorisées et déshumanisées
- faire preuve de sollicitude envers l’expérience des autres
- faire régulièrement le point avec soi-même
- désamorcer les tensions en ayant des conversations franches
La création d’un accord commun sur un espace de courage ou un espace confiance peut aider à établir celui-ci. Les élèves se voient donner l’agentivité de créer cet espace et sont responsables de la façon dont il est maintenu. Les élèves pourront se montrer timides au début, aussi l’enseignant·e doit être en mesure de les aider activement.