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Vue d’ensemble des ressources

Par le biais de témoignages de survivant·es, les élèves deviennent des dépositaires de l’histoire et se voient confier la connaissance de l’expérience d’autres personnes. Cependant, en tant que membres de la société, nous devons nous préparer à un moment dans l’avenir où les survivant·es de l’Holocauste ne seront plus en mesure de se rendre dans les salles de classe ou de rencontrer les élèves. Sur la base des témoignages de survivant·es dans But I Live, notre équipe éducative a créé du matériel pédagogique (les unités, les leçons et les activités) qui peut être adapté à différents pays et contextes. Notre projet crée des ressources éducatives flexibles afin que les enseignant·es puissent se sentir suffisamment à l’aise et avoir confiance en leurs connaissances pour enseigner l’Holocauste dans le cadre du programme scolaire.

 

L’éducation à l’Holocauste et aux droits de la personne

L’étude de l’Holocauste et d’autres génocides aide les élèves à réfléchir à l’usage et à l’abus de pouvoir, ainsi qu’aux rôles et responsabilités des individus, des nations et des États lorsqu’ils sont confrontés à des questions de justice sociale et de violation des droits de la personne. En accord avec les valeurs de l’éducation à la citoyenneté mondiale et de l’éducation aux droits de la personne, qui sont adoptées dans divers programmes d’histoire et d’études sociales, l’étude de ces évènements aide les jeunes à reconnaître les préjugés, le sectarisme et l’intolérance religieuse. Elle les aide également à prendre conscience de la valeur de la diversité dans une société pluraliste, y compris à développer une sensibilité à la place des groupes minoritaires dans la société.

Bien que la perpétration de chaque génocide soit unique, il est possible d’en tirer un enseignement universel. Les dictatures modernes, le terrorisme et diverses idéologies font en sorte que des génocides futurs soient une possibilité réelle. Les élèves, même à un jeune âge, peuvent s’identifier à un sujet qui comprend des thèmes tels que les dilemmes moraux, l’obéissance à l’autorité, la responsabilité individuelle et les relations familiales. Cette expérience accroît la sensibilité de l’élève à la souffrance et à l’injustice partout dans le monde. L’éducation au génocide qui aborde les thèmes de la citoyenneté mondiale et des droits de la personne « cherche à permettre aux apprenant·es d’appartenir à une communauté internationale, en favorisant l’acquisition de connaissances et de compétences »[1] (Bajaj, 2011, p. 489).

Les difficultés liées à l’enseignement du génocide ont fait couler beaucoup d’encre (Foster, Pearce et Pettigrew, 2020). La complexité d’un sujet tel que l’Holocauste est déconcertante. En raison de l’énormité du crime, les enseignant·es doivent prendre des précautions pour ne pas submerger les jeunes avec des statistiques et des images. Cependant, en minimisant les atrocités, on risque de minimiser l’inhumanité (IHRA, 2019). Dans de nombreux cas, les enseignant·es se sont appuyé·es sur les survivant·es de l’Holocauste, les musées et les archives pour compenser le manque de ressources scolaires.

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[1] Citation originale : “seeks to provide learners with membership in an international community through fostering knowledge and skills” (Bajaj, 2011, p. 489).

 

Les récits graphiques dans la salle de classe

Les récits graphiques favorisent le développement de la littératie critique et médiatique des élèves (Boatright, 2010 ; Hoover, 2012), de compétences d’esprit critique indispensables pour être des citoyen·nes informé·es (Seelow, 2010). En outre, les récits graphiques encouragent les élèves à éveiller leur curiosité, comme faire un examen des évènements historiques entourant un récit. Une lecture attentive est souvent nécessaire, parce que les élèves doivent considérer le texte comme faisant partie de l’image, en plus d’examiner la séquence de cases, la tension entre les images et le texte et l’utilisation d’inter-cases (caniveaux) (Dunn, 2015, p. 259).

De plus, la lecture et l’écriture de récits graphiques peuvent motiver les élèves en difficulté ou les élèves qui ne s’intéressent pas à la lecture. Le développement de compétences en littéracie multimodale est une nécessité pour la réussite scolaire et professionnelle au 21e siècle. Le récit graphique, contrairement aux films ou aux textes scolaires, permet aux lecteur·rices de faire une pause et de réfléchir, ou d’avancer et de reculer dans le texte (Hughes, King, Perkins et Fuke, 2011).

Il existe de nombreuses ressources spécialisées sur la manière de lire les récits graphiques. D’autres ressources sont recommandées dans la section Ressources supplémentaires pour les enseignant·es.

 

L’enseignement par les témoignages

Les témoignages introduisent une émotion personnelle et palpable dans le récit qui est souvent aseptisé et perturbent ainsi le flux des récits historiques typiques. Ces récits de témoins oculaires donnent un visage et une voix aux victimes, auxquels le public peut s’identifier (Bickford, 2008  ; Felman et Laub, 1992). Par exemple, les témoignages des survivant·es de l’Holocauste donnent un visage à un événement de grande ampleur et mettent l’accent sur l’humanité des histoires de personnes réelles auxquelles on peut s’identifier. Ils aident les élèves à saisir la réalité d’un évènement irréel et l’histoire devient imprégnée d’émotion. Les témoignages aident également à démontrer la dimension humaine et personnelle de l’histoire sans dramatiser les effets des événements historiques sur les survivant·es.

En tant que membres de la société, nous devons nous préparer à un moment dans l’avenir où les survivant·es ne seront plus en mesure de se rendre dans les salles de classe ou de rencontrer les élèves (Harding, 2014). Bien qu’il soit impossible de remplacer l’expérience marquante racontée de vive voix par une personne qui a survécu à l’Holocauste, l’utilisation de son témoignage peut être puissante et inspirer les élèves. Les témoignages des survivant·es ne sont pas simplement des souvenirs ou des histoires; les élèves deviennent des dépositaires de l’histoire et se voient confier la connaissance de l’expérience d’autres personnes (Simon et Eppert, 1997).

Contrairement au récit collectif d’un manuel ou d’une histoire fictive, les éducateur·rices et les élèves sont confronté·es aux défis posés par les témoignages en tant que source historique, car il existe une tension inhérente entre les récits intimes et personnels, et les histoires documentées écrites par les universitaires. Les témoignages n’offrent pas un récit complet ou exhaustif des évènements ; ils sont plutôt locaux, individuels et personnels (Glejzer et Bernard-Donals, 2001). L’ éducateur·rice habile saura faire participer les apprenant·es par le biais de témoignages et saura associer les réactions émotionnelles des élèves à l’analyse historique, les aidant à développer une compréhension riche par la superposition de témoignages, de documents historiques et d’analyses de faits historiques par les universitaires.

 

La réflexion historique

L’ éducateur·rice saura susciter l’intérêt des élèves en ce qui concerne des évènements historiques dans le but que ces élèves développent leur compréhension de l’histoire et leurs compétences dans ce domaine. En analysant des récits historiques, en utilisant de multiples sources primaires et en établissant des liens entre différents récits, les élèves seront en mesure de construire une connaissance de l’histoire. Si les éducateur·rices donnent une vision non problématique de l’histoire ou encore si l’enseignement des études sociales est conceptualisé de manière non problématique, cela empêche la pensée critique. The Big Six: Historical Thinking Concepts (Seixas, Morton, Colyer et Fornazzari, 2013) ont eu une influence considérable sur les programmes d’études sociales au Canada et partout dans le monde. Par conséquent, il incombe aux éducateur·rices d’encourager les élèves à s’engager pleinement dans la réflexion historique.

 

L’éducation aux droits de la personne et à la citoyenneté mondiale

Le Groupe des Nations Unies pour le développement durable (2020) suggère que l’approche fondée sur les droits de la personne favorise la cohésion sociale, l’intégration et la stabilité ; développe le respect pour la paix et la résolution non violente de conflits ; contribue à une transformation sociale positive ; est durable ; produit de meilleurs résultats pour le développement économique ; et renforce les capacités. Cette approche envers l’éducation offre une perspective importante sur les programmes scolaires.

L’étude des génocides aide les élèves à réfléchir à l’usage et à l’abus de pouvoir, ainsi qu’aux rôles et responsabilités des individus, des organisations et des nations face aux violations des droits de la personne. Elle permet également aux élèves de comprendre les ramifications des préjugés, du racisme, de l’antisémitisme et des stéréotypes dans n’importe quelle société. En outre, elle les aide également à prendre conscience de la valeur de la diversité dans une société pluraliste, y compris à développer une sensibilité à la place des groupes minoritaires dans la société.

 

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